Journal

Auditions à la Comédie de Genève les 29, 30 et 31 mars 2021

Actualités

Pour le nouveau projet de Marcial Di Fonzo Bo et Frédérique Loliée

Marcial Di Fonzo Bo et Frédérique Loliée organisent un workshop de rencontre avec des comédiennes et comédiens âgés de 30 ans ou plus, afin de compléter la distribution de leur prochain projet :

GLOUCESTER TIME – MATÉRIAU SHAKESPEARE – RICHARD III

De William Shakespeare
d’après la mise en scène de Matthias Langhoff
Reprise de la création de 1995

Production Comédie de Caen – CDN de Normandie

Coproduction Comédie de Genève, La Villette – Paris, Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine (en cours)

En 1995 Marcial Di Fonzo Bo et Frédérique Loliée rencontrent Matthias Langhoff sur cette production qui marquera le début d’une longue collaboration artistique entre eux.

Les reprises au théâtre ne sont pas très habituelles, contrairement à l’opéra ou à la danse. Offrir la possibilité à un public nouveau, notamment les jeunes générations, d’entrer en contact avec de grandes mises en scène qui ont marqué l’histoire du théâtre est un enjeu d’autant plus important que la vie d’un spectacle est de plus en plus courte.

Cette proposition réunira également Catherine Rankl qui a créé le décor et les costumes, et Matthias Langhoff, présent pour travailler et porter son regard sur cette reprise.

La distribution (en cours) se composera de comédien-ne-s suisses, italien-ne-s et français-es de différentes générations rencontrés par Marcial Di Fonzo Bo et Frédérique Loliée lors de workshops organisés ce printemps.

Calendrier de création

– Répétitions du 10 mai au 30 juin 2021
– Reprise le 30 août 2021
– Création du 13 au 18 septembre 2021 à la Comédie de Caen – CDN de Normandie
– Tournée sur la saison 21-22 : semaine du 22 novembre, et de février à mai 2022 (en cours)

Modalités de participation

Première sélection sur dossier : si vous êtes âgé-e de 30 ans ou plus, merci d’envoyer votre CV ainsi qu’une courte vidéo d’environ 3min dans laquelle vous présenterez l’un des personnages de la pièce, ou bien la description d’un lieu cité par Shakespeare (la tour de Londres, la maison des York, etc)

– à Aline Fuchs : afuchs@comedie.ch
avant le 14 mars 2021 à minuit
– attention : au-delà de 10 Mo, merci d’envoyer un lien Vimeo, Youtube ou d’utiliser Swisstransfer ou Wetransfer

A propos du projet

En présentant une nouvelle version de ce chef d’œuvre en 1995, Matthias Langhoff prévient dès le titre, Gloucester Time / Matériau-Shakespeare – Richard III, qu’il s’agit pour lui d’utiliser un matériau dramatique pour aller au-delà de la simple lecture d’un texte figé dans le temps et de le faire vivre dans le moment de sa représentation.

Pour ce faire il utilise tous les moyens que lui offre la machinerie théâtrale qu’il met au service d’une lecture fidèle mais très personnelle des textes qu’il choisit : « J’essaye non de suivre la tradition, mais de lire les textes avec des yeux nouveaux et de lire ce qu’ils contiennent vraiment ». Pas de trahison mais une volonté de creuser davantage la vérité qui parfois se cache entre les mots et ne se révèle qu’après un minutieux travail de déchiffrage.

Cette machinerie en dit plus que les longs discours explicatifs, elle excite l’œil et l’esprit du spectateur. Le plateau mouvant de ce Richard III n’est-il pas à l’image d’une Histoire qui ne cesse de tanguer, qui malmène les hommes et les femmes contraints à se débrouiller comme ils peuvent au milieu des vicissitudes et des bouleversements cycliques.

Cette machine théâtrale est un chef-d’œuvre d’artisanat et de bricolage, sophistiquée mais pas tape-à-l’œil, souvent manipulée à vue par des techniciens eux-mêmes artisans. Des accessoires au service des acteurs, des poulies, des rideaux tendus, des chaises bancales pour asseoir des humains tout aussi fragiles qu’elles... À la perfection d’une machinerie bien huilée Matthias Langhoff préfère l’ébauche toujours en mouvement, vivante, presque toujours inachevée. Tout est affaire de complicité entre le plateau et la salle dans ce théâtre qui se déploie en liberté. La confiance du metteur en scène est totale dans la capacité du spectateur à être déplacé, à interpréter lui-même les propositions qui lui sont faites sans être didactiques. Rien de souligné, rien d’expliqué, rien de reconstitué... mais du théâtre dynamique à l’extrême, débordant, envoûtant où on vous laisse la liberté de circuler.

Langhoff déplace le regard porté sur ce roi, trop souvent réduit à son infirmité sans tenir compte du monde dans lequel il vit, un monde tourmenté, violent, destructeur, un monde de guerres, de batailles, de meurtres divers et variés, un monde où les monstres sont d’une banalité étonnante.

Quelle reine, quel roi, quels princes et princesses n’ont pas de sang sur les mains ? De Richard ou du monde qui l’entoure qui boîte le plus ?

Ici le roi Richard est un chef de gang, un chef de troupe, un joueur qui prend la main et la perd en perdant sa vie... Le calme relatif des Tudor va succéder aux tourments de la guerre des Deux-Roses, les York et les Lancastre se sont allègrement entretués. Mais Matthias Langhoff nous susurre d’une voix ferme qu’il restera des traces de tout cela, des traces visibles dans notre aujourd’hui instable. Combien de noms surgissent en pensant à des présidents manipulateurs, à des dirigeants meurtriers, menteurs, démagogues, meneurs d’intrigues sanglantes, vrais chefs de bande qui profitent sans vergogne des chaos du monde.

Jean-François Perrier