Comédie de Genève 6, bd des Philosophes 1205 Genève
Histoire

La Comédie de Genève en bref

Les archives de la Comédie ouvertes au public
Le fonds d’archives de la Comédie offre un panorama très complet de la vie théâtrale et culturelle à Genève au XXe siècle.
Si les informations touchant au fonctionnement administratif du théâtre occupent une bonne place, celles concernant la préparation et la promotion des spectacles sont également bien présentes. De plus, le fonds contient des renseignements sur de nombreuses personnalités théâtrales genevoises, suisses, françaises et européennes.
Ce fonds d’archives est conservé aux
Archives de la Ville de Genève et consultable sur place selon les des modalités en vigueur.
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Formé à Paris par un Sociétaire de la Comédie-Française, Ernest Fournier fait carrière en France. À 35 ans il décide de défendre dans sa ville natale un répertoire théâtral de qualité et fonde la troupe dramatique de La Comédie qui joue dès décembre 1909 à Plainpalais (actuellement Théâtre Pitoëff). L’accueil obtenu et le soutien financier de la section genevoise de l’Union pour l’Art social l’incitent dès 1911 à faire construire son propre théâtre : le bâtiment actuel de la Comédie de Genève, boulevard des Philosophes, inauguré le 24 janvier 1913.

1913-1937 : Ernest Fournier
Il y fait jouer un nouveau spectacle à peu près chaque semaine. De plus, cherchant l’intérêt d'un public cultivé, il propose le jeudi en matinée la représentation d’une œuvre classique. Au printemps 1916, la Comédie reçoit Jacques Copeau qui y met en scène la troupe pour plusieurs pièces.
Pourtant, dès les années 20 et plus encore après la crise de 1929, l’équilibre financier n’est plus imaginable sans subvention : Fournier y perd tous ses moyens, sa santé et meurt en décembre 1937.

1939-1959 : Maurice Jacquelin
Après une année et demie conduite tant bien que mal par quelques intérimaires, le comédien français Maurice Jacquelin prend la direction de la Comédie et continue sur la lancée de son prédécesseur. Durant les années de guerre la Comédie s'ouvre largement aux auteurs locaux, un phénomène qui se poursuivra jusqu'à la fin des années quarante, favorisant surtout les pièces de "boulevard helvétique" publiées dans Le Mois théâtral, édité à Genève.
En 1945, c'est à la Comédie que Giorgio Strehler, alors jeune réfugié italien, signe ses deux premières mises en scène, Meurtre dans la Cathédrale de T.S. Eliot et la création mondiale de Caligula de Camus.

En 1947, pour éviter la faillite de l’entreprise encore en mains privées, la Ville de Genève rachète le bâtiment. Dès 1948/49, Jacquelin cesse d'engager la troupe des comédiens à l'année : sa saison ne se compose plus que d'une demi-douzaine de réalisations genevoises et se complète avec les spectacles de tourneurs parisiens.

1959-1974 : André Talmès
Élève de Fournier pour la diction, jeune premier à Paris durant les années 30, André Talmès revient à la Comédie, y signe quelques mises en scène puis développe cet art au Théâtre du Gymnase de Liège. De retour à Genève, il est choisi par la Ville pour succéder à Jacquelin. Il amplifie encore l’importance des tournées parisiennes et présente quatre ou cinq réalisations genevoises de boulevard par saison. Dans les dernières années, il offre à quelques jeunes comme Gérard Carrat ou Richard Vachoux l’opportunité d’y exercer leurs talents.

1974-1982 : Richard Vachoux
C'est Richard Vachoux qui rompt l'emprise des tourneurs parisiens, et développe des collaborations avec le Centre Dramatique de Lausanne et les Centres dramatiques français. En se séparant des Galas Karsenty, Richard Vachoux laisse de la place pour la création romande et marque une vraie rupture avec une tradition sclérosée.
En 1979, le théâtre connaît une grave crise financière. C'est la constitution de la Fondation d'Art Dramatique (FAD), qui va permettre de remettre la Comédie sur les rails. Richard Vachoux est alors reconduit à son poste jusqu'en 1982.

1982-1989 : Beno Besson
Avec sa première réalisation à la Comédie, L'Oiseau vert d'après Carlo Gozzi, Benno Besson subjugue un immense public et le spectacle sera repris durant plusieurs saisons en Europe et au Canada. Les sept années que le metteur en scène passera à la tête de l'institution vont donner un magnifique élan à la Comédie et propager dans l'Europe entière l'image d'une Genève à la pointe de la production théâtrale.
Pour lui succéder, Benno Besson propose Matthias Langhoff, qui étudie alors les transformations nécessaires pour faire de ce lieu un outil de création théâtrale de niveau européen. Mais les autorités genevoises jugent les exigences de Langhoff exorbitantes.

1989-1999 : Claude Stratz
Après plusieurs grands spectacles remarqués dans le off genevois des années 70, puis avoir travaillé huit ans avec Patrice Chéreau aux Amandiers de Nanterre, Claude Stratz succède à Benno Besson. Il amplifie l’ouverture aux grands noms de la mise en scène européenne et offre un tremplin à quelques jeunes compagnies du off genevois (Théâtre du Loup, Malandro). Il met en scène ses interrogations ludiques sur l’art du théâtre, superposant différents degrés de vérité et de sincérité du jeu, avec Pirandello, Marivaux, Synge, Claudel, Ibsen, Musset, Frisch et porte aussi à la scène l’écriture dramatique d’Olivier Chiacchiari.

1999-2011 : Anne Bisang

Première femme à occuper ce poste, la jeune metteure en scène va démultiplier le fonctionnement de l'institution genevoise en y concrétisant avec succès son projet d'ouverture sur la cité et en lui impulsant une ligne artistique audacieuse. Elle y installe aussi une librairie, un restaurant, une galerie et instaure de nombreuses activités visant à renforcer les liens entre artistes et spectateurs.
La première institution théâtrale de Genève est ainsi devenue un lieu privilégié de création, de débats et de réflexion, dont la réputation dépasse largement les frontières.

2011 : Hervé Loichemol est nommé à la direction de la Comédie.