Offert en cadeau posthume à Pina Bausch, Out of Context - for Pina fait de la beauté et de la puissance émotionnelle des gestes incontrôlés – les spasmes, convulsions, et autres tics – la matière de son spectacle. Sur un plateau nu, les corps enfouis sous des couvertures rouges se dévoilent dans des tableaux fluides, glissant de l’expressivité animale aux parades amoureuses pour parcourir autant les étapes de la vie que les âges de la danse.
Créée en 2009 et dansée par ses neuf interprètes originels, Out of Context - for Pina, seule pièce que laGeste (les ballets C de la B + kabinet k) reprend, fait une halte exceptionnelle dans les murs de notre Comédie.
« Le monde et les fulgurances de Pina Bausch font partie, même inconsciemment, de nous. Désiré et architecturé par Alain Platel, ce spectacle serait comme une empreinte, ou un palimpseste, ou peut-être un tatouage impressionniste de ce que Pina Bausch a laissé dans le cœur d’un artiste (et aussi, dans un second temps, dans celui du public). Une manière essentielle de dire que ce que nous voyons sur une scène nous habite, nous transfigure, nous constitue. » NKDM
ALAIN PLATEL
Du haut de ses 67 ans, l’éminent chorégraphe et metteur en scène flamand continue à remuer les foules. Cet orthopédagogue de formation et artiste autodidacte puise dans sa connaissance de l’âme humaine pour alimenter son vocabulaire scénique. Son langage brut et direct témoigne avec fougue de la condition des éprouvés avec une folle humanité. Dès ses débuts, il mélange les genres, faisant appel à des interprètes issus de différents horizons, mais aussi à des musiciens, des chanteurs, des adolescents, des amateurs. Il intègre des numéros de cirque aux solos de danse, des sketchs aux chorégraphies d'ensemble.
Quelques périodes-clés :
Années 80 : après avoir créé un premier collectif avec ses amis et quelques membres de sa famille au début des années 80, il fonde les mythiques ballets C de la B en 1984.
Années 90 : il propulse les ballets C de la B à l’échelle internationale grâce au retentissement des pièces Bonjour Madame (1993), La Tristeza Complice (1995) et Iets op Bach (1998). Parallèlement, il travaille avec la compagnie de théâtre jeune public Victoria avec laquelle il crée Mère et enfant (1995), Bernadetje (1996) puis Tous les Indiens (1999).
Années 2000 : la portée politique de son œuvre se développe à travers plusieurs pièces et d’importantes collaborations. Écrite avec le compositeur Fabrizio Cassol, vsprs (2006) marque un virage artistique. À l'exubérance des précédents spectacles succèdent des pièces plus introspectives, plus violentes et pulsionnelles, à l’instar de Nine Finger (2007) avec Benjamin Verdonck et Fumiyo Ikeda ou Out Of Context – for Pina (2010).
Temporairement retiré de la production de pièces en solitaire, Platel laisse les danseurs de sa compagnie créer leurs propres spectacles en utilisant sa structure. Durant cette période, il apprend la langue des signes, qui selon lui, « ne permet pas de mentir ». Il retrouve sa compagnie avec un nouvel élan et crée Gardenia en 2010 lors pour le Festival d’Avignon.
En collaboration avec Frank Van Laecke, il crée Gardenia (2010) puis En avant, marche ! (2015). Pour c(h)oeurs (2012), il associe le chœur du Teatro de Madrid à sa troupe de danseurs, puis, pour Coup fatal (2014), à nouveau le compositeur Fabrizio Cassol. Malgré son succès planétaire, Platel continue à participer à des projets plus modestes tels Nachtschade (2006) pour la Cie jeune public Victoria ou son coaching de Pieter et Jakob Ampe pour leur création Jake & Pete’s big reconciliation attempt for the disputes form the past (2011).
Il produit des films de danse avec la réalisatrice britannique Sofie Fiennes pour Because I Sing (2001), Ramallah!Ramallah!Ramallah! (2005) et VSPRS Show and Tell (2007) ou en solo pour Les Ballets de ci de là (2006).