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07 > 15 nov 2019

Schmürz

Jean-Luc Lagarce / Boris Vian / Gian Manuel Rau

Entendre des voix dans la nuit (le Schmürz ?) et rire

D'après "Erreur de construction" de Jean-Luc Lagarce et "Les Bâtisseurs d'empire ou le Schmürz" de Boris Vian


Deux auteurs majeurs du XXe siècle, Lagarce et Vian. Ce sont d’ailleurs les 60 ans de la mort de Vian. Un spectacle d’après deux pièces qui semblent avoir été écrites l’une pour l’autre, comme en écho, tant elles se mettent réciproquement en lumière. Le spectacle débute par la pièce de Lagarce montée sous forme de revue underground. Puis les personnages de Lagarce se glissent dans leur nouvelle peau, celle des membres d’une famille bourgeoise dont Vian dessine l’auto-désintégration. Le Schmürz, à la fois animal et humain, sera le seul survivant. Le metteur en scène Gian Manuel Rau aime la précision malicieuse des deux pièces, elles conviennent bien à son monde.

« Une collision entre deux auteurs que l’on n’associe pas spontanément. Nous voulons voir cette rencontre! Et voir aussi le Schmürz, cette invention d’Ursula Vian-Kübler, épouse suisse-allemande de l’écrivain. Comme une contraction entre douleur (Schmerz) et le « merdre » de Jarry. Le Schmürz c’est un bruit bizarre. C’est aussi une sensation que nous avons en nous, mélange de danger réel, de mauvaise conscience, comme un diablotin qui nous torture. Deux comédies, enfin, parce que dans Comédie de Genève il y a « comédie », non ? » NKDM

Gian Manuel Rau

Gian Manuel Rau est né en Suisse et vit aujourd'hui en Allemagne. Il travaille à la Schaubühne de Berlin, aux théâtres de Bâle et de Stuttgart ou encore au Théâtre Vidy-Lausanne et à la Comédie Française. Il explore aussi bien le répertoire classique que le domaine contemporain, ainsi que des créations scéniques de musique contemporaine. Lorsqu'on lui demande de définir d'une phrase le sens de sa recherche artistique, il dit : « Je veux rendre visible la vulnérabilité, les âmes solitaires des personnages et leurs conflits intérieurs. Je veux montrer l'humanité de façon crue. Exposer la fragilité, la férocité et la colère avec humour et musicalité. »

Quelques spectacles emblématiques :
– Rome-Nanterre de Valérie Mréjen (2013). À l’invitation de la comédienne Dominique Reymond, ce spectacle fait suite au Festival d'Avignon à Sujet à vif, en explorant un autre texte de Valérie Mréjen : Trois quartiers.
– Mademoiselle Julie de Strindberg (2015), une partition sans armure à la dissonance parfaite.
– Il y pleut sans cesse (2018), une création musicale et scénique originale autour de Fernando Pessoa et du Livre de l’Intranquillité, avec l’Ensemble Rue du Nord.

Jean-Luc Lagarce

Né en 1957 et mort du sida en 1995 à 38 ans, Jean-Luc Lagarce est aujourd'hui l'un des auteurs français contemporains les plus joués en France. Ses textes sont traduits en vingt-cinq langues et sont joués dans de nombreux pays. Datant de 1977, Erreur de construction est sa première pièce, un hommage ouvert à Eugène Ionesco et au théâtre dit de l’absurde. En cela, elle est très différente du reste de son œuvre, plus autobiographique, qui met en scène un double de l'auteur aux prises avec les relations difficiles qu'il entretient avec sa famille et ses origines. Se sachant condamné sept ans avant sa mort, Jean-Luc Lagarce reprend le thème du fils qui retourne dans sa famille juste avant de mourir dans ces dernières pièces, J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne, Juste la fin du monde ou Le pays lointain.

Après sa mort, François Berreur, avec qui il a fondé les éditions théâtrales Les Solitaires intempestifs, œuvre à la reconnaissance de ses écrits, qui n'advient véritablement qu'à la fin des années 1990.

Boris Vian

Né en 1920 et mort en 1959 à Paris, Boris Vian est tout à la fois et plus encore : écrivain, poète, parolier, chanteur, critique musical, musicien de jazz (trompettiste) et directeur artistique. Il a une formation d'ingénieur à l'École centrale, et s'est aussi adonné aux activités de traducteur (anglo-américain), de conférencier, d'acteur et de peintre. Vian a abordé à peu près tous les genres littéraires : poésie, documents, chroniques, nouvelles, théâtre et scénario de film. Son œuvre est une mine dans laquelle on continue encore, au XXIe siècle, à découvrir de nouveaux manuscrits.

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L'absurde / âge conseillé : dès 14 ans / durée : 2h


Quoi ?

Deux comédies absurdes, drôles et loufoques. Deux textes montés à la suite, Erreur de construction de Jean-Luc Lagarce et Les bâtisseurs d'empire de Boris Vian, pour former un seul et unique spectacle.

Erreur de construction: Hommage à Eugène Ionesco et au théâtre de l'absurde, la pièce, imprégnée de La Cantatrice chauve, questionne le public sur la probabilité, ou pas, d'un changement de société. Elle aborde des thématiques comme le cours des prix, les renversements d'alliance et les retournements de situation. Des personnages racontent, se racontent et ne s'inquiètent pas de ce qui peut exister dans ce monde extérieur qui leur échappe.

Les bâtisseurs d'empire:

Une famille à priori banale habite, aime, se dispute dans un appartement. Mais la rumeur qui gronde dehors la pousse à déménager à plusieurs reprises, toujours à un étage plus élevé et dans un lieu plus petit. Le Schmürz, un personnage étrange et muet, l'accompagne et fait office de souffre-douleur. 

 

Pourquoi ?

Parce que ces deux textes semblent avoir été écrits l'un pour l'autre, se faire écho et se mettre en lumière réciproquement. Tous deux nous plongent dans des variations sur la déconstruction par l’absurde. Le choix de ses pièces a été motivé notamment par les guerres environnantes et par la recherche de silence dans la cacophonie du monde. Elles sont idéales pour pouvoir approcher les thématiques de la peur et du mensonge, thématiques nourries par les propos que l’on peut entendre au sujet de la menace extérieure, de l’étranger, des guerres ou encore de la fracture sociale.

 

Comment ça se passe ?

Dans les deux textes, les situations se renversent par le langage (intempestif et anarchique), tout sens rationnel est mis à mal, la logique est troublée et « la surprise que réserve le verbe provoque l’hilarité ».

Erreur de construction contient les caractéristiques d'un boulevard, tels que les entrées et sorties des personnages, les dialogues effrénés et les retournements de situation. Grâce à une écriture loufoque et radicale, "un jeu d’hybridation intertextuelle", l’accumulation d’informations contradictoires et en malmenant certitude et logique, l’auteur crée une farce dans laquelle la parole, le langage et la répétition sont au centre.

Les bâtisseurs d’empire est une tragédie burlesque sur les inégalités sociales et l’exclusion des « largués ». L’utilisation d’un son, d’un bruit, qui grandit petit à petit, marque le passage d’un étage à un autre et rythme le processus d’auto-désintégration de cette famille bourgeoise. La parole est mutilée également au fil des déménagements. Quant au Schmürz, il est toujours présent mais est représenté comme une ombre furtive, parfois visible parfois pas.

 

Avec: Caroline Cons, Agathe Hauser, José Lillo, Marie Ruchat, Isabelle Vesseron, Edmond Vullioud

 

Thématiques: l'absurde, la comédie, la peur (de l'étranger), le mensonge, la fracture sociale, le langage, la guerre, le capitalisme, l'autre

 

Activités pédagogiques: préparation dans votre classe à la sortie théâtre (quelques jours avant votre venue ou le soir-même 30 min. avant le début du spectacle), rencontre avec l’équipe artistique et discussion à la suite du spectacle (30 min.)

Durée: 2h
Tarifs : CHF 40.- à CHF 10.-
Âge conseillé : 14 +

 

En + :
Mises en bouche : les mardis, vendredis et samedis, 30 min avant le début du spectacle
Bord plateau : jeu 14 nov, après la représentation
Samedi à tout prix : 9 nov 18h
En vente uniquement au guichet le jour même dès 12h. Placement libre dans la salle.

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Nos cartes multicourses

Voyagez à prix réduit et en toute liberté avec nos cartes multicourses : 4 ou 10 entrées transmissibles pour les spectacles de votre choix !

Avec: Céline Bolomey, Caroline Cons, José Lillo, Marie Ruchat,  Isabelle Vesseron, Edmond Vullioud

Assistante à la mise en scène: Coralie Vollichard 

Scénographie: Anne Hölck 

Lumière: Gian Manuel Rau, Markus Brunn 

Son: Graham Broomfield 

Costumes : Gwendolyn Jenkins 

Administration Cie Camastral: Cristina Martinoni 

Chargée production et diffusion Cie Camastral : Aurélie de Morsier 

Production: Association Le Roseau - Cie Camastral

Coproduction: Comédie de Genève ; Grange de Dorigny 

Soutien: Loterie Romande