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Présentation

Théâtre de création, la Comédie de Genève propose des spectacles d’aujourd’hui qui parlent de qui nous sommes et écrivent notre histoire.

Écrire notre histoire – Saison 19-20

Sortir de chez soi. Entrer au théâtre. Pour changer de rythme, avoir un peu de temps pour son propre regard, notre vie numérique sur mode « avion ». Et assister à une cérémonie, et même une célébration. Notre rituel, votre rituel. Le théâtre est si ancien, et il est pourtant au présent, toujours au présent, il nous demande d’être au présent et ce n’est pas si aisé.

Assis sur le toit de la Comédie. Regarder devant. Regarder le futur. Un horizon très proche. Demain on quitte ce bâtiment. Demain on reste ensemble. On ne se quitte pas, promis. On emmène avec nous Olga, Macha et Irina, et Mademoiselle Julie, celle de Langhoff et toutes les Julie de notre première saison. On les garde en tête et on n’oublie rien. Demain on emmène les fantômes, les doux fantômes de nos souvenirs, les souvenirs récents et ceux plus anciens de notre enfance au deuxième balcon. Dans un nouvel écrin, pour les entendre plus haut et plus fort ces mots et ces gestes, c’est là que nous allons ensemble.

Alors avant de partir, se souvenir des belles choses et vivre le présent de cette saison 19-20.

Une saison qui réfléchit le monde, qui révise ses classiques, une saison qui regarde l’autre. Ensemble nous allons regarder le monde pour mieux le refaire.

Refaire le monde ensemble à la Comédie de Genève. Où qu’elle soit.

Natacha Koutchoumov et Denis Maillefer / direction NKDM

Notre vision, notre programmation

Théâtre de création, la Comédie de Genève propose des projets d’envergure au langage fort, portés par des artistes audacieux. Elle privilégie dans ses productions la collaboration entre local et international, notamment au travers de la formation d’un Ensemble (troupe) qui sera constitué en 2021.

Théâtre pluridisciplinaire, la Comédie programme des spectacles singuliers et populaires, favorisant les collaborations entre institutions et une circulation durable des créations. Outre le théâtre, la danse contemporaine et le cirque d’auteur ont leur place dans sa programmation. Le projet consiste à montrer les indispensables du théâtre mondial et à faire fleurir les talents de Suisse romande en leur donnant une visibilité qui dépasse les frontières.

Théâtre de proximité, accessible et rassembleur, la Comédie ouvre ses portes à tous les publics, invitant la population et les habitants du quartier à s’approprier et à faire vivre le lieu et son café. Elle invite notamment les écoles à découvrir le théâtre sous tous ses aspects et propose, autour des spectacles, de nombreuses actions culturelles qui sont un marqueur très important de son ADN. Ses actions visent à amenuiser la fracture sociale et culturelle qui sépare la société entre celles et ceux qui ont un accès à la culture et les autres. Elle adopte également une politique tarifaire qui vise à minimiser la barrière économique, autre frein à l’accès à la culture.

Théâtre en mutation, le nouveau bâtiment de la Comédie qui verra le jour en 2020 jouera un rôle central dans un nouveau quartier dont la vie est encore à inventer.

Notre passé, notre avenir

La Comédie de Genève est en pleine mutation. Sous la direction de Natacha Koutchoumov et Denis Maillefer (NKDM), elle laissera dès septembre 2020 son costume d’institution historique datant de 1913 pour se transformer en théâtre flambant neuf au cœur du nouveau quartier urbain de la gare CEVA des Eaux-Vives où 50'000 voyageurs défileront quotidiennement pour prendre la ligne du Léman Express. Institution théâtrale la plus importante du canton, la Comédie fait partie des acteurs centraux d’un projet d’urbanisme sans précédent à Genève. En savoir +

Les débuts de la Comédie de Genève
Formé à Paris par un sociétaire de la Comédie-Française, Ernest Fournier fait carrière en France. À 35 ans, il décide de défendre dans sa ville natale un répertoire théâtral de qualité et fonde la troupe dramatique de La Comédie qui joue dès décembre 1909 à Plainpalais (actuellement Théâtre Pitoëff). L’accueil obtenu et le soutien financier de la section genevoise de l’Union pour l’Art social l’incitent dès 1911 à faire construire son propre théâtre : le bâtiment actuel de la Comédie de Genève, Boulevard des Philosophes, inauguré le 24 janvier 1913.

1913-1937 | Ernest Fournier
Il y fait jouer un nouveau spectacle à peu près chaque semaine. De plus, cherchant l’intérêt d'un public cultivé, il propose le jeudi en matinée la représentation d’une œuvre classique. Au printemps 1916, la Comédie reçoit Jacques Copeau qui met en scène la troupe dans plusieurs pièces.

Pourtant, dès les années 20 et plus encore après la crise de 1929, l’équilibre financier n’est plus imaginable sans subvention : Fournier y perd tous ses moyens, sa santé, et meurt en décembre 1937.

1939-1959 | Maurice Jacquelin
Après une année et demie conduite tant bien que mal par quelques intérimaires, le comédien français Maurice Jacquelin prend la direction de la Comédie et continue sur la lancée de son prédécesseur. Durant les années de guerre, la Comédie s'ouvre largement aux auteurs locaux, un phénomène qui se poursuivra jusqu'à la fin des années 40, favorisant surtout les pièces de "boulevard helvétique" publiées dans Le Mois théâtral, édité à Genève.

En 1945, c'est à la Comédie que Giorgio Strehler, alors jeune réfugié italien, signe ses deux premières mises en scène, Meurtre dans la Cathédrale de T.S. Eliot et la création mondiale de Caligula de Camus.

En 1947, pour éviter la faillite de l’entreprise encore en mains privées, la Ville de Genève rachète le bâtiment. Dès 1948-49, Jacquelin cesse d'engager la troupe des comédiens à l'année : sa saison ne se compose plus que d'une demi-douzaine de réalisations genevoises et se complète avec les spectacles de tourneurs parisiens.

1959-1974 | André Talmès
Élève de Fournier pour la diction, jeune premier à Paris durant les années 30, André Talmès revient à la Comédie, y signe quelques mises en scène puis développe cet art au Théâtre du Gymnase de Liège. De retour à Genève, il est choisi par la Ville pour succéder à Jacquelin. Il amplifie encore l’importance des tournées parisiennes et présente quatre ou cinq réalisations genevoises de boulevard par saison. Dans les dernières années, il offre à quelques jeunes comme Gérard Carrat ou Richard Vachoux l’opportunité d’y exercer leurs talents.

1974-1982 | Richard Vachoux
C'est Richard Vachoux qui rompt l'emprise des tourneurs parisiens et développe des collaborations avec le centre dramatique de Lausanne et les centres dramatiques français. En se séparant des Galas Karsenty, Richard Vachoux laisse de la place pour la création romande et marque une vraie rupture avec une tradition sclérosée.

En 1979, le théâtre connaît une grave crise financière. C'est la constitution de la Fondation d'Art Dramatique (FAD), qui va permettre de remettre la Comédie sur les rails. Richard Vachoux est alors reconduit à son poste jusqu'en 1982.

1982-1989 | Benno Besson
Avec sa première réalisation à la Comédie, L'Oiseau vert d'après Carlo Gozzi, Benno Besson subjugue un immense public. Le spectacle sera repris durant plusieurs saisons en Europe et au Canada. Les sept années que le metteur en scène passera à la tête de l'institution vont donner un magnifique élan à la Comédie et propager dans l'Europe entière l'image d'une Genève à la pointe de la production théâtrale.

Pour lui succéder, Benno Besson propose Matthias Langhoff qui étudie alors les transformations nécessaires pour faire de ce lieu un outil de création théâtrale de niveau européen. Mais les autorités genevoises jugent les exigences de Langhoff exorbitantes.

1989-1999 | Claude Stratz
Après plusieurs grands spectacles remarqués dans le off genevois des années 70, après avoir travaillé huit ans avec Patrice Chéreau aux Amandiers de Nanterre, Claude Stratz succède à Benno Besson. Il amplifie l’ouverture aux grands noms de la mise en scène européenne et offre un tremplin à quelques jeunes compagnies du off genevois (Théâtre du Loup, Teatro Malandro). Il met en scène ses interrogations ludiques sur l’art du théâtre, superposant différents degrés de vérité et de sincérité du jeu, avec Pirandello, Marivaux, Synge, Claudel, Ibsen, Musset, Frisch et porte aussi à la scène l’écriture dramatique d’Olivier Chiacchiari.

1999-2011 | Anne Bisang
Première femme à occuper ce poste, la jeune metteure en scène va démultiplier le fonctionnement de l'institution genevoise en y concrétisant avec succès son projet d'ouverture sur la cité et en lui impulsant une ligne artistique audacieuse. Elle y installe aussi une librairie, un restaurant, une galerie et instaure de nombreuses activités visant à renforcer les liens entre artistes et spectateurs.

La première institution théâtrale de Genève est ainsi devenue un lieu privilégié de création, de débats et de réflexion, dont la réputation dépasse largement les frontières.

2011-2017 | Hervé Loichemol
Hervé Loichemol envisage l’institution comme un lieu de réflexion sur l’esthétique et les enjeux actuels du théâtre. À travers sa programmation, qui s’articule autour de pièces du répertoire et d’écritures contemporaines, il revendique un théâtre où le texte et la pensée du texte sont déterminants. Hervé Loichemol tient à ce que la Comédie soit un lieu ouvert, de création et de vie. Il y crée deux studios (Claude Stratz en 2011 et André Steiger en 2012) pour accueillir un plus grand nombre de propositions artistiques, inaugure un nouveau café-restaurant en 2015, ouvre sa programmation à la musique, à la danse et aux penseurs, et fait de la Comédie un lieu engagé, à l'écoute du monde.

Depuis le 1er juillet 2017 | Natacha Koutchoumov et Denis Maillefer (NKDM)
La Comédie de Genève est codirigée par Natacha Koutchoumov et Denis Maillefer. Leur première programmation a été dévoilée le 12 juin 2018. Le duo a pour mission de faire vivre la Comédie actuelle, encore établie dans le quartier de Plainpalais, et d’assurer la mutation de l’institution dans le nouveau théâtre qui s'érigera en 2020 au cœur du quartier urbain de la gare CEVA des Eaux-Vives. En savoir +